Crée ta vie

T’es pas obligée d’en arriver là

By 25 mars 2020 No Comments

2008-2010.

Les pires années de ma vie (enfin… si on exclut les années de collège).

J’ai vécu une année de (quasi)dépression, où tous les matins je me levais avec l’envie de mourir.
Puis une phase de vide absolu.

« Un trou noir » comme me disait mon compagnon hier en me parlant de ses propres années sombres à lui.

Ma dépression a commencé par une situation nouvelle pour moi – à l’époque :
je me suis retrouvée face à moi-même.

Seule.

Jamais de ma vie ça ne m’était encore arrivée.
Jusqu’à la fin de mes études, j’étais sous la responsabilité de mes parents (je dépendais encore financièrement d’eux, donc 0 responsabilité de ma part).
Ensuite j’étais en couple, et mon mec gérait tout.

Ce face-à-face avec moi-même, il s’est révélé violent.

Terrifiant.

Je devais (enfin) me comporter comme une adulte au lieu de sans cesse déléguer ma responsabilité à quelqu’un d’autre.
Je devais arrêter de compter sur un homme pour régler mes problèmes.

Et surtout, je me retrouvais face à une implacable vérité : je ne m’étais jamais aimée.
Je me détestais, même.

Pendant plus d’une année, je me suis répétée (presque comme un mantra) que je n’avais pas de valeur (et que c’était pour ça que j’étais seule).
Que c’était pas la peine de continuer dans cette vie si souffrante.
J’en pleurais des jours entiers.

Je touchais un niveau de désespoir que je n’aurais jamais pu imaginer.

(Je ne sais même pas comment j’ai trouvé la force de continuer à bosser pendant tout ce temps…)

J’ai bien vu une psy, pendant quelques séances (ça aussi, c’était une première).
Mais à part faire des pyramides de mouchoirs usagés sur son bureau… je ne voyais pas à quoi menaient mes séances avec elle.

Le temps a fini par faire son oeuvre.

Je suis passée de « plus-bas-que-terre » à « rase-mottes ».

Je survivais.

J’avais un taf bien payé et horriblement ennuyeux.
Un rythme de vie aliénant.
Je dépensais tout dans des conneries.

La vie n’avait aucune saveur.

Et je croyais que tout ça, c’était « normal ».

Qu’une vie normale consistait à compter dès le lundi matin les heures restant jusqu’au vendredi soir.
A regarder les dates des prochains jours fériés.
A se lamenter quand arrive le dimanche soir.
A voir des relations merdiques avec les hommes.
A détester mon reflet dans le miroir.
A acheter des fringues pour essayer d’arranger ça, ne pas les porter, et en acheter d’autres.
A ne surtout pas prendre soin de ma santé.

Bref, à se détruire à petit feu.

J’étais aveugle, sourde et anesthésiée.
Je ne voyais pas l’ineptie de cette vie.
Je n’entendais pas les messages de mon corps.
J’étais insensible à ma douleur.

J’ai mis des années à reconnaître ça.

A reconnaître que j’endurais une vie que je n’avais pas réellement choisie.
A reconnaître ma douleur.
A reconnaître que j’avais le droit à autre chose.

 

Mais toi, t’es pas obligée d’en arriver là.

Qu’est-ce que tu acceptes encore dans ta vie, et qui est inacceptable ?

 

 

Crédit photo : Brooke Lark - Unsplash

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