Aime-toiToi & ton corps

Si tu baissais ton seuil de douleur ? (avant qu’il ne soit trop tard)

By 18 mars 2020 No Comments

Je suis toujours hallucinée de voir ce que les gens sont capables d’endurer.

En même temps… moi aussi, j’ai été à bonne école. L’école du « tais-toi-endure-en-silence-fais-ce-qu’on-te-dit ».

Rassure-toi, j’ai pas été une enfant battue.

D’un point de vue extérieur, j’ai même eu une enfance heureuse et plutôt privilégiée.

Mais d’un point de vue inconscient, j’ai mis en place un mécanisme de survie :
un mécanisme pour répondre aux désirs des autres, afin de me faire aimer.
Un mécanisme tellement efficace à étouffer mes propres envies, qu’aujourd’hui c’est un EFFORT pour moi de distinguer ce qui vient de moi de ce qui vient des autres.

Evidemment, comme j’ai ce vécu, l’Univers m’envoie des gens avec le même genre de problématique.

Là, en une semaine, j’ai eu pas moins de deux clientes avec la même problématique de fond : une endurance à la douleur super élevée.

Les deux sont arrivées avec un objectif qui n’avait rien à voir avec ça :
– l’une voulait bosser sur sa « gestion des émotions » (un beau bullshit, ça, la gestion des émotions, je t’en parlerai sans doute un jour)
– l’autre avait une décision de couple à prendre.

Tu vois, un train en cache souvent un autre.

Quand tu travailles sur toi, tu arrives en séance avec ce que tu crois être la grosse difficulté du moment.
Mais en réalité, LE vrai blocage est bien caché sous le tapis (soit parce que tu n’en as pas conscience, soit parce que ce serait trop douloureux à regarder).

C’est ce qu’il s’est passé pour ces deux femmes. Au fil des questionnements, j’ai fini par arriver au véritable nœud du problème :
aucune des deux n’arrivait plus à écouter sa douleur.

La première justifiait par : « ben de toute façon, j’ai toujours fonctionné comme ça ».

La seconde savait très bien au fond d’elle même que sa relation ne la rendait pas heureuse, mais « elle avait enduré pire ».

Tu vois le truc ?

Une habitude de souffrance tellement bien ancrée qu’on ne voit pas de raison de changer ça.

Pour l’une d’entre elle, j’ai dû mettre en place une stratégie purement mathématique.

Je lui ai fait mesurer sa douleur sur une échelle de 0 à 10 (ça paraît simpliste dit comme ça, mais c’est terriblement efficace car c’est ton corps qui donne la note, et ton mental, il est content, car il a de quoi analyser).

« – Quand tu as appelé ton dentiste l’autre jour, ton niveau de douleur était à combien ?
– A 8/10… (silence) mais ça aurait été mieux si j’avais appelé avant, quand j’étais à 4 ou 5/10. »

Au moins, une note, c’est purement factuel.

C’est comme quand tu vérifies la vitesse de ta voiture pour pas dépasser la limite autorisée. Juste un chiffre.

Et là, c’est elle qui m’a donné les chiffres. Elle peut donc reproduire ça quand elle veut pour savoir si elle est en train de dépasser la limite.

(Bon, je te rassure, le but de la session n’était pas de parler de sa rage de dents, mais j’ai bondi sur un exemple qu’elle venait de me donner pour lui faire faire cet exercice.)

Une fois la séance terminée, ça va être sa responsabilité, de prendre le temps de s’écouter et de mesurer régulièrement son niveau de douleur, comme un baromètre.

Et c’est là que le bât blesse.

Parce que dans ce cas précis, je sais qu’elle ne va rien faire 🙁

C’est toujours quelque chose qui me crève le cœur, de voir une personne préférer rester dans une vie souffrante que de tenter le moindre pas vers du mieux-être.

Parce qu’elle croit que c’est impossible de faire autrement.

Parce qu’elle écoute ses peurs plutôt que ses envies.

Parce qu’elle force au mental plutôt qu’écouter un corps qui dit stop.

***

Et toi ?

A quel niveau de douleur tu en étais, la dernière fois que tu étais en souffrance ?

Si tu devais te mettre une limite haute, ce serait quoi ?

Qu’apprends-tu de ça ?

 

 

Crédit photo : Darius Bashar - Unsplash

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