Crée ta vie

Les « bonnes habitudes », ça peut être contre-productif

By 9 février 2020 No Comments

Aaaaah, la bonne vieille culpabilisation autour des « bonnes » et « mauvaises » habitudes.

Moi qui suis ExperteEnAutoFlagellation, je peux te dire que je connais le sujet: tenter (en vain) et re-tenter (toujours en vain) de changer mes habitudes… je maîtrise !

Il y a plusieurs mois déjà, j’ai acheté le best-seller de James Clear, un auteur/blogger/coach américain spécialiste des habitudes.
Je lis ce bouquin par petits morceaux, espacés de plusieurs jours, voire semaines.

Ce livre est une mine d’informations… un peu trop, même.
Plus j’avançais dans ma lecture, plus je culpabilisais : j’avais cette impression croissante que ma vie est foutue si elle n’est pas tournée autour de « bonnes habitudes ».

Rendons à James [Clear] ce qui est à James : son livre te donne une super méthode pour remplacer nos « mauvaises » habitudes par des « bonnes », et s’assurer qu’elles soient durables.

Oui mais voilà, il oublie un fait essentiel : nos schémas inconscients viennent souvent saboter nos beaux efforts.

 

Pour certaines personnes, vouloir mettre en place des habitudes dites « bonnes » ne fait qu’ajouter une couche de pression à une couche déjà bien épaisse.

 

Je fais partie de ce genre de personnes : j’ai une pression constante et inconsciente, depuis toute petite, qui m’a toujours fait agir en fonction des désirs des autres. A tel point que je prenais leurs désirs comme étant les miens.

(Bon, ça va changer, vu que désormais je vois mon mode de fonctionnement, et que c’est en m’observant que je peux agir dessus.)

 

Si tu es dans une problématique similaire à la mienne, vouloir instaurer des « bonnes » habitudes ne fera que renforcer ton problème.

Conséquences :
+ de pression (il faut tenir coûte que coûte ces nouvelles habitudes !)
+ de culpabilisation (je comprends pas, je m’arrête au bout de 3 jours, j’ai pas de volonté)
+ de recherche de « ce qui ne va pas chez toi » (le problème doit venir de moi, je suis pas normale, comment font les autres ?)

Jusqu’à aujourd’hui, à partir de quoi as-tu essayé d’instaurer des habitudes ?
A partir de ton mental ?
A partir des conseils que quelqu’un t’as donnés, ou que tu as lus quelque part ?
A part des croyances générales sur ce que devrait être une journée productive / une santé optimale / des relations sociales épanouissantes, etc. ?

C’était mon cas avant : j’avais toujours comme référence les avis qui venaient de l’extérieur. Je ne partais pas de mes besoins et envies à moi.

 

 

Selon moi, pour qu’une habitude soit durable dans le temps :

1. elle doit aller dans le sens d’un objectif qui a du SENS pour toi

J’ai bien dit « pour toi », pas « pour les autres ».

Par exemple, si tu décides de te lever à 5h30 tous les matins pour faire de la méditation, juste parce qu’on t’a dit que c’était bien, mais qu’en fait, tu détestes méditer… au bout de 3 jours, non seulement tu vas repousser le réveil, mais en plus tu risques de t’en vouloir parce que tu as ÉCHOUÉ.
En fait, t’as pas échoué, c’est juste ton « système interne » qui te fait arrêter de faire un truc qui n’a pas de sens.

2. elle doit avoir un effet MESURABLE (si possible, pas dans 20 ans)

Notre cerveau est programmé pour les récompenses immédiates, rappelons-le.
Si tu n’as aucun moyen de mesurer le bénéfice d’une nouvelle habitude, c’est pareil : tu vas rapidement lâcher l’affaire.
C’est logique, en un sens : pourquoi continuer une pratique qui « visiblement » n’apporte rien ?

Moi par exemple, ça fait quelques jours que j’essaie de faire 15 min de yoga le matin, « juste pour voir ».
Les deux premiers jours, je me sentais super raide de partout.
Au troisième, j’ai vu qu’un des étirements, qui était juste horriblement douloureux les deux jours précédents, l’était « un peu moins ».
J’ai donc bien un moyen de mesurer ce que cette pratique apporte à mon mon corps.

3. elle doit pouvoir être remise en cause

D’où l’intérêt qu’elle soit mesurable.
Tu expérimentes – tu mesures le résultat – tu prends du recul – tu décides si tu arrêtes, si tu continues ou si tu changes quelque chose.
C’est un aller-retour incessant entre tester et décider.

 

 

L’erreur courante, aussi, est de faire les choses à l’envers : on cherche D’ABORD à établir de nouvelles habitudes AVANT de savoir à quoi ça nous sert.

Dans le vide, en quelque sorte.

Imaginons que tu veuilles améliorer ta santé. Tu te dis que ce serait bien d’avoir plus d’énergie.

Ok. Mais plus d’énergie pour QUOI ?

Tu veux réaliser quoi avec ça ?

Tu vois… c’est comme Picsou sur sa montagne d’or : il stocke, il stocke, mais il dépense jamais un rond.

Si cette énergie supplémentaire n’est dépensée à rien qui te fasse vibrer… hé bien toutes les bonnes habitudes du monde ne vont servir à rien.

NB: Je ne te dis ça pas pour t’enfoncer : je me suis moi-même pris cette grosse baffe récemment :
J’ai commencé 2020 sans aucun objectif, sans ligne d’horizon.
Et je m’étonnais d’être à longueur de journée sans énergie… même en dormant plus.

NB (oui, un autre): Je t’ai pas non plus dit de pas faire gaffe à ta santé, hein : ce que je dis, c’est que si t’as pas un DRIVER dans ta vie, tout le sport et toute la meilleure alimentation du monde peuvent ne pas suffire.

 

Voilà pourquoi il est si important de prendre les choses par le bon bout :

1. commence par établir ta vision long-terme : à quoi tu voudrais que ta vie ressemble dans 10 ou 25 ans ?

2. qu’est-ce que tu dois avoir réalisé à la fin de cette année pour aller dans le sens de cette vision ?

3. quelles habitudes peux-tu mettre en place pour te soutenir dans tes objectifs ?

 

 

Si tu as besoin d’aide, tu sais où me trouver 😉

 

 

Crédit photo : Drew Beamer - Unsplash

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