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Chercher des certitudes, ça te freine

By 28 octobre 2019 No Comments

Il y a quelques semaines, une jeune femme m’avait donné son accord pour un accompagnement de 2 mois en coaching.
La veille de notre première session, elle n’avait toujours pas effectué le premier versement.

J’ai senti que quelque chose n’allait pas.

Bingo.

J’ai reçu un long message où elle questionnait cet accompagnement car elle voulait « une garantie de résultats ».

Je lui ai donc fait une longue réponse où je lui expliquais, entre autres, qu’en coaching il n’y a qu’une garantie de moyens, pas de réussite.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que le coach n’est pas responsable des actions que le client va poser entre deux sessions, des choix qu’il fait, de la force de ses envies de changement.

S’il y a une sorte de « garantie satisfait ou remboursé », alors le client ne prend pas sa responsabilité dans sa propre évolution : il se contente de déléguer sa transformation à quelqu’un d’autre.

J’ai beaucoup vu ça quand je pratiquais comme kinésiologue (thérapeute, si tu préfères).
Les gens arrivaient dans mon cabinet en posture « sauvez-moi docteur ! ».
Ils ne prenaient pas leur part de responsabilité.

Et moi, en bonne élève, je les mettais sur la table de soin, et je faisais Sherlock Holmes à leur place pour trouver d’où venait leur blocage.

Je me rappelle d’une séance particulièrement touchante : une mère est arrivée avec sa fille de 4 ans.
La petite avait un souci de santé  – mineur mais qui durait depuis des mois, et la seule réponse des médecins étaient de la gaver de médocs.
(J’avais envie de pleurer en voyant cette petite toute souriante, tout en sachant ce qu’elle endurait à côté.)

Evidemment, j’avais déjà une idée de la source du problème, mais je sentais qu’il fallait que j’y aille mollo avec la mère, car à ce moment de la séance, elle n’était pas prête à entendre la vérité.
(Il s’est avéré qu’à la fin non plus.)

En kinésiologie, quand tu as en cabinet des enfants trop jeunes pour être « testés » (on parle ici de test musculaire, je vais pas développer c’est pas le sujet), on teste un de leur parent, par « transfert énergétique ».
J’ai donc bossé avec la mère et non avec la petite. Sans surprise pour moi, tous les éléments révélés par le test musculaire avaient trait à un problème de la mère.
Elle ne comprenait pas le lien. Je lui ai donc expliqué que jusqu’à environ 7 ans, la problématique d’un enfant est en fait la problématique des parents : la gamine manifestait physiquement ce que sa mère renfermait en elle depuis des années (et ne traitait pas, évidemment).

Elle a eu du mal à accepter l’info. Elle s’obstinait à vouloir bosser sur sa fille.

Ma part de responsabilité en tant que thérapeute ? Lui donner tous les moyens pour arriver à la guérison.

Sa part de responsabilité à elle ? S’occuper de traiter sa problématique, pour qu’elle et sa fille aillent mieux. Sauf que sa responsabilité, elle ne l’a pas prise. Je ne l’ai jamais revue.

C’est la limite de nombreux traitements thérapeutiques aujourd’hui : le patient attend que ça se passe, il prend rarement une part active dans sa propre guérison.

L’autre point que j’avais soulevé avec la jeune femme qui voulait des garanties, c’était la prise de risque.

On vit dans un monde où tout est garanti, assuré, sur-assuré.
T’as déjà une garantie sur un appareil ménager, mais tu vas prendre une extension de garantie.
T’as une assurance bagnole, habitation, juridique, une prévoyance retraite, une mutuelle, etc, etc.

C’est hallucinant à quel point on veut se protéger contre le risque.

On ne sait plus ce que c’est, que de prendre des risques, mêmes minimes.

Le problème de cette belle équation « zéro-tracas » c’est que sans prise de risque, il n’y a pas d’évolution possible.

Si ta vie ne te convient pas et que tu veux changer, tu vas devoir faire quelque chose de NOUVEAU, donc prendre un risque.

Pour en revenir à cette jeune femme : s’engager dans un coaching, oui, c’était prendre un risque financier que ça marche pas.

C’était aussi prendre le risque que quelque chose change, et ça, TON EGO IL AIME PAS.

T’imagine pas à quel point il peut être tordu, celui là, pour t’empêcher de bouger quoi que ce soit dans ta vie.

Le mien, ça fait un moment qu’il sait que c’est plus la peine d’essayer de me faire peur au moment où j’investis financièrement dans un stage, une formation, une thérapie ou un coaching.

Alors il m’arnaque autrement : il me fait sans cesse chercher à améliorer des choses chez moi.
Donc je bosse comme une dingue sur moi, et je suis contente, je crois avancer.

En faisant ça, il m’empêche sournoisement de regarder ce que j’ai déjà comme forces, ce qui va déjà bien.
Donc je bosse à tout-va, ça part dans tous les sens, mais ça ne s’appuie pas sur les bonnes bases.

Je fais « des tours de rond-point », à grande vitesse.
C’est cool, je vois le paysage défiler vite, mais au final, je fais du surplace.

(C’est quelque chose que j’ai découvert cette semaine seulement… grâce à mon coach… autant te dire que la session a été longue avant que je vois ça SANS que mon ego s’en empare une nouvelle fois !
Sans son regard extérieur, jamais je n’aurais vu ça, et j’aurais pu continuer les tours de rond-point jusqu’à la fin de ma vie.)

Je pourrais encore te donner des tas d’exemples sur la recherche de certitudes, sur le zéro-risque, mais je vais arrêter là pour aujourd’hui 😉

Chercher sans cesse des certitudes, ça te freine dans ton évolution.

Combien temps encore as-tu envie de rester là où tu en es aujourd’hui ?

Où as-tu envie d’aller ?

 

 

Crédit photo : Loic Leray - Unsplash

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