Aime-toi

Dois-je arrêter de te dire que tu es belle ?

By 29 avril 2019 No Comments
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Si je te pose cette question, c’est parce que j’utilise souvent le mot ‘belle’.

Et j’ai pris conscience tout récemment qu’il était peut-être mal compris. Du moins, pas dans le sens que j’entends.

Ce sont deux vidéos qui m’ont fait tilter : celles des youtubeuses Coline et Sonia Sélaire – que je ne connaissais pas jusqu’à maintenant.

La première dit qu’il faut arrêter de complimenter les nanas en leur disant « tu es belle »,

(glups ! et moi qui dit ça tout le temps)

et la seconde parle de l’importance d’un « corps fonctionnel avant tout »

(et pourtant elle est youtubeuse beauté).

 

Cette fichue injonction à être belle qui nous colle à la peau depuis des siècles

 

Concernant le premier point, je suis d’accord avec le fait que, nous les femmes, depuis des générations, nous recevons l’injonction : « tu dois être belle ».
Parce qu’il y a encore quelques décennies, le seul moyen de subsistance d’une femme, c’était de faire un « bon » mariage.
Elle avait un seul atout pour ça : sa beauté.

La donne a changé depuis que nous pouvons être autonomes.
Si je te demandais depuis quand une femme a le droit d’ouvrir un compte en banque et d’exercer une profession SANS l’autorisation de son mari, tu me répondrais 1965 ?
1965, c’est pas si vieux, ma mère avait 12 ans cette année là, pour te donner une idée.
(Bon, au passage, on peut ergoter sur la notion d’autonomie quand en 2019 énormément de femmes dépendent encore de leur conjoint pour vivre, mais c’est pas le sujet.)

Depuis que les femmes n’ont « en théorie » plus besoin d’un mari pour assurer leur survie, elles ne devraient plus avoir à se soucier d’être belles.

Or j’ai bien l’impression que c’est de pire en pire.

Magazines beauté, publicités retouchées, films, blogs beauté, fit girls, photos impossibles sur Instagram, produits régimes, conseils nutrition, coaches fitness… tout est fait pour t’envoyer le message :

« si tu ressembles pas à ce genre de nana, c’est de ta faute, retourne à la salle de sport espèce de feignasse »

(Ouais je balance, mais pardon, c’est bien ce message sous-jacent qui est envoyé.)

 

Ces messages subliminaux nourrissent nos complexes

J’ai fait mes petites recherches : il y a un paquet de vidéos et d’articles qui parlent des complexes physiques (« comment s’en délivrer », « comment aimer son corps », etc. etc.), avec des conseils… plus ou moins de bon sens.
Personnellement, je trouve ça un peu facile de juste dire : « tu t’en fous de l’avis des autres » ou « utilise tes particularités comme une force » (si si, j’ai lu ça !), quand en face de toi tu as une personne pour qui le rapport au corps est une SOUFFRANCE.
Un truc tellement ancré que ça ne part pas avec 3 belles paroles du type « sois dans la gratitude, y’a des gens qui ont même pas ça ».

Quand t’es mal dans ton corps, que tu te trouves moche, et que tu n’arrives pas à changer ton regard sur toi-même, c’est pas en te comparant à plus malheureuse que toi que tu vas te sentir mieux.

Ça c’est juste de la culpabilisation flagellatoire judéo-chrétienne.

(Comme souvent, j’invente des mots.)

Ça revient à mettre une belle couche de vernis sur du bois pourri façon méthode Couet.

« Je vais bien, tout va bien. » : tu vois le sketch de Dani Boon ? Ben c’est ça.

 

Avant de revenir sur ce que j’entends pas être belle, je voudrais aussi revenir sur cette histoire de corps fonctionnel.

 

Mieux vaut un corps qui fonctionne qu’un corps ‘parfait’

 

Concernant le second point, celui de Sonia Sélaire, je la rejoins complètement.

Comme elle – mais moins longtemps et avec moins de gravité – j’ai vécu une phase où je n’avais plus un corps fonctionnel : pendant plus d’un mois je dépendais TOTALEMENT d’autres personnes (je ne pouvais pas faire mes courses ou faire à manger, et prendre une douche était à la fois casse-tête et casse-gueule). Pendant 3 mois j’étais extrêmement limitée.
Et je ne veux surtout pas revivre ça, car c’est carrément flippant.

Je ne sais plus si je l’ai déjà formulé ainsi dans mes articles :

  • ta priorité c’est de kiffer ta vie (pas d’avoir un physique d’Instagrammeuse)
  • pour kiffer ta vie, tu dois savoir quels sont tes besoins et désirs PROFONDS (pas de croire que le bonheur c’est d’avoir une grosse maison et une carrière dans une grande entreprise et un chien et 3 beaux enfants comme dans la petite maison dans la prairie… parce que ça, c’est peut-être des FAUX DÉSIRS et des ILLUSIONS)
  • pour savoir quels sont tes VRAIS DÉSIRS, tu dois te reconnecter à ton corps (parce que ta tête elle en sait foutrement rien de tes vrais désirs)

Donc, dans un sens, avoir un corps fonctionnel, c’est en fait savoir l’écouter suffisamment pour :

  • lui donner ce dont il a réellement besoin
  • entendre ce qu’il a à te dire
  • ressentir… profondément… avec tes tripes

En fait, quand tu te reconnectes à ton corps :

  • tu as une relation plus saine à la nourriture car tu écoutes ce dont il a besoin à un moment précis (crois moi, je suis parfois étonnée de ce que je mange !)
  • ton regard sur lui change (je me rappelle à quel point j’avais trouvé mon corps beau à l’issue… d’un massage !)
  • tu t’affirmes beaucoup plus, ta confiance en toi augmente (c’est comme si tout d’un coup tu devenais invincible au lieu de te sentir vulnérable tout le temps, j’avais écrit un très court article sur le sujet il y a un an et demi).

 

Et pour en revenir à cette histoire de beauté…

 

Quand j’ai fait ma formation Méta*, j’étais dans un groupe d’une vingtaine de femmes de tous âges et tous horizons… et évidemment, de tous profils !

(Si tu me découvres, la Méta, c’est un outil de connaissance de soi qui fait le lien entre ton corps et tes capacités uniques.)

Comme la Méta est basée sur l’observation (ce que la personne dégage comme énergie, comment sont ses gestes, son débit de paroles, comment son corps est structuré, etc.), autant te dire que j’ai passé énormément de temps à les observer !

Et plus je regardais ces femmes, plus je les trouvais BELLES.

Et quand je dis ‘belle’, je ne parle pas d’une beauté qui correspondrait à la norme de l’année en cours (soit, en 2019, mince ET musclée ET avec des gros seins et un derrière rebondi… le combo impossible).

Je te parle de beautés diverses, qui fait que tu n’as plus envie de « hiérarchiser » si untelle est plus belle qu’untelle.

(Reconnais juste qu’on est dans une société qui passe son temps à mesurer, peser, grader, couronner, décerner des médailles… bref, COMPARER.)

Je te parle de charisme, d’un truc complètement intangible et impossible à mesurer avec un pèse-personne ou une taille de fringue.

C’est pourquoi j’ai peur d’être mal comprise en laissant l’expression « qu’est-ce que t’es belle » sur mon site et ma page Facebook.

Je n’ai pas envie qu’on prenne mon site pour un blog beauté.

Je ne vais pas te filer de conseils régime (même si l’alimentation est un sujet qui me passionne).

Je ne parle pas de re-looking, même si la Méta c’est aussi une histoire de vêtements.

Moi ce que je veux, c’est permettre à mes clientes de retrouver leur estime d’elles-mêmes en révélant « visuellement » cette beauté intrinsèque qu’elles ont toutes :

C’est de rendre visible ce qui est invisible à leur yeux.

 

Alors, qu’en penses-tu ?

 

 

Crédit photo : Mohammad Metri - Unsplash

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